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Le maquillage dans l’Histoire: son rôle d’hier à aujourd’hui

de Marie Hervé-Berdys
Le maquillage dans l’Histoire

A travers l’histoire, le maquillage a sa place et sa signification. Produit de transformation, de camouflage, de parement, de message. D’autres moyens de transformation existent comme les tatouages, piercings, colorations, scarifications… un message bien plus fort car permanent.

Le maquillage : de la technique, la zone d’application à la couleur, chaque élément a une symbolique au travers l’histoire. Bien que la symbolique des couleurs reste assez similaire le reste a évolué au fil des siècles.

  • Le blanc signifie la pureté, la sincérité, l’innocence, l’hygiène
  • Le rouge signifie le feu, le sang et donc la vie, le courage, le pouvoir et l’énergie
  • Le vert signifie la santé, les arbres, l’espérance
  • Le bleu signifie l’apaisement, la vérité

La préhistoire

Les fouilles permettent de témoigner de l’utilisation d’ocres pour se peindre le corps : bloc d’ocres, outils de peinture. Les représentations humaines sculptées, gravées sont aussi une source d’informations sur les décorations corporelles. Elles sont symboliques : associées aux parures, vêtements, les couleurs et motifs appliqués sur le corps permettent de créer un masque rituel, une démonstration d’appartenance à un groupe.

L’Egypte

Le maquillage était considéré comme un soin presque comme un médicament : des huiles pour faire disparaitre les taches, le khôl pour protéger des maladies oculaire en irritant et donc activant les glandes lacrymales. Hommes et femmes se maquillaient les yeux.

Le visage se devait d’être clair, lisse et sans imperfections grâce à l’application d’une onction de peinture d’ocre jaune. Le bleu des veines était rehaussé, les sourcils allongés et noircis. Avant l’utilisation du Khôl (noir gris) les yeux étaient fardés avec des pierres broyées (turquoise, malachite symbole de végétation et de vie…).

Les égyptiens produisaient leurs recettes en passant par des réactions chimiques simples mais incluant des étapes délicates à mettre en œuvre et à mettre au point.

Histoire Egypte

La Grèce

Les femmes devaient être pâles et ne pas être fardées (safran, cendre, encens) en extérieur. Celui-ci étant réservé aux courtisanes qui devaient attirer le regard des hommes. Il était synonyme de mensonge, d’illusion et de beauté éphémère.

Pour se blanchir le teint les femmes utilisaient du blanc de céruse, de plâtre, de craie ou même de racines de melon sauvage. Parfois le fard à joues à base de mûre, de garance ou de ronce écrasée était appliqué.

Les femmes préparaient elles-mêmes leurs produits ou faisaient appel à des confectionneurs.

Moyen âge

Le canon de beauté au Moyen âge était une femme jeune, blonde au front épilé. Concernant le maquillage, le visage était blanchi avec de la craie dissoute dans du vinaigre, les sourcils était teints à la suie. Le fard à joues était autorisé uniquement pour les femmes qui cherchaient un mari ou alors pour camoufler une informité. Le maquillage était considéré comme l’œuvre du diable car il est factice et cache l’œuvre de Dieu.

Baroque

De même qu’au Moyen âge, le teint doit être blanc et mat (céruse, alun, talc, racines). Les mains aussi sont blanchies à l’aide d’onguent disposé dans des gants. Le haut de la poitrine visible était maquillé aussi. Puis une règle de trois est appliquée : le rouge est destiné aux lèvres, joues et ongles, le noirs aux yeux, sourcils et cils.
L’utilisation de mouches est d’usage pour couvrir un bouton mais aussi pour envoyer un message. L’emplacement de la mouche indique que la femme est galante si elle est placée sur la joue, effrontée sur le nez…

Le teint blanc n’était pas uniquement réservé aux femmes puisque les hommes également se fardaient pour cacher des marques de blessures ou de maladie mais aussi par coquetterie.

Histoire maquillage talc

XVIIIème siècle

En Europe au XVIIIème siècle le rouge sur le visage prend une grande importance. Le teint est très blanc et les pommettes jusqu’aux yeux sont rougis pour ne pas paraître fatigué mais aussi pour détourner le regard des dents généralement en mauvais état. Le rouge à lèvres n’était donc pas d’usage. La teinte du rouge était codifiée : les dames de la cour portaient du rouge grenat, les bourgeoises du rouge clair et les courtisanes un rouge garance très voyant.

XIXème siècle

Les femmes sont rondes, gracieuse, la maternité est mise en avant. La poudre de riz pour blanchir le teint et le rouge ou rose aux joues en fonction de la couleur des cheveux. Les femmes noircissaient leurs yeux et appliquaient de la brillantine sur les sourcils. Puis le teint doit être de plus en plus blanc et blafard, les cernes profondes et marquées, l’utilisation de fard bleuâtre, verdâtre sont d’usage pour ne pas paraître bourgeois.

Les premiers produits de grimage pour le théâtre voient le jour en 1862 avec Joseph Albert Ponsin. Il crée avec son associé Alexandre Napoléon Bourjois des sticks gras. Puis Bourjois créé en 1881 les premiers fards secs.

XXème siècle

Le progrès scientifique, l’avancée de la chimie de synthèse, de la pétrochimie permet une industrialisation des produits de maquillage au début du XXème siècle. La prise de conscience de la toxicité de la céruse entraîne son interdiction en 1913.

Puis Helena Rubinstein adapte ses formules aux différents types de peau, elle crée les premières boutiques-instituts.

Dans les années 30 les « bienfaits » du soleil sont vantés, les femmes suivent Gabrielle Chanel et retirent leurs chapeaux, gants et ombrelles. La création des congés payés en 1936 accélère l’attrait pour les peaux hâlées. Les produits se diversifient : formules et teintes se multiplient. Les magazines féminins véhiculent les publicités et conseils sur la façon d’appliquer les produits.

C’est en 1927 que Rouge Baiser fait son apparition, il est le premier rouge indélébile, il résiste à tout, même aux baisers.

En 1935 Arcancil développe un mascara compact dans lequel il faut cracher pour humidifier puis l’appliquer avec une petite brosse.

En 1984 Guerlain créé l’emblématique et première poudre brante du marché : la Terracotta.

Puis le maquillage devient personnel, chaque femme créé son style, adapte le produit à son visage. C’est le début du relooking. Le maquillage évolue en fonction de l’activité : simple pour le travail, travaillé et fardé d’or pour une soirée

Dans les années 80 la beauté devient sociale, elle est un enjeu politique et économique. Les femmes pour accéder à une profession doivent être féminines et combatives sans oublier d’être séductrices.

Même si ces dernières années les marques Jean-Paul Gaultier, et plus récemment Chanel et Tom Ford ont créé des gammes dédiées aux hommes le maquillage reste majoritairement féminin.

Histoire et avenir

Le maquillage dans l’histoire a toujours été un outil de mise en valeur pour faire passer un message à la fois pour soi-même et pour les autres. On modifie son apparence pour se donner une nouvelle image : celle qu’on pense être la nôtre alliée à celle qu’on veut faire percevoir. Par ce jeu de couleurs et de texture on modèle son visage pour se valoriser, être plus en confiance, et finalement maîtriser sa propre image.

Les rides sont gommées, les cicatrices camouflées, le teint est plus frais, les complexes sont estompés, la confiance en soi est boostée.

Le maquillage n’est plus comme autrefois réservé à la noblesse. Il est de nos jours présent dans toutes les catégories socioprofessionnelles. Que ce soit quotidien ou ponctuel pour grimer les enfants pour un carnaval, pour mettre en valeur un présentateur de télévision…le maquillage est omniprésent. Les produits, applications, techniques, galéniques, teintes se sont diversifiées.

Les progrès scientifiques et techniques au cours des siècles ont permis et permettront encore de créer de nouveaux produits plus efficaces, de nouvelles technologies, de faire vivre l’Histoire du maquillage.

Histoire futur

Mythiques Cosmétiques, les 100 produits de beauté qui n’ont pas pris une ride, Christine Drouard, Hachette Pratique, 2004

Une histoire de la beauté, Miroir mon beau miroir, Dominique Paquet, Découvertes Gallimard, 1991

Histoire du Maquillage, des égyptiens à nos jours, Martine Tardy, Dangles Editions 2012

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